Windows 10 gratuit : est-ce encore possible après 2025

La question revient régulièrement dans les forums et les moteurs de recherche : peut-on encore obtenir Windows 10 gratuit en 2024 ou 2025 ? La réponse n’est pas aussi simple qu’un oui ou non. Microsoft a officiellement proposé cette mise à niveau sans frais pendant une période limitée, mais certaines portes restent entrouvertes aujourd’hui. Avec la fin du support prévue en octobre 2025, le contexte change radicalement pour le milliard d’appareils encore tournant sous ce système. Voici ce qu’il faut savoir avant de prendre une décision.

L’histoire méconnue d’une offre gratuite sans précédent

Quand Microsoft a lancé Windows 10 en juillet 2015, l’annonce a surpris tout le monde : le système était proposé gratuitement à tous les utilisateurs de Windows 7 et Windows 8.1. Une première dans l’histoire de l’entreprise, habituée à facturer ses mises à jour système entre 100 et 200 euros. La stratégie était claire : accélérer massivement l’adoption du nouvel OS pour unifier la base d’utilisateurs.

Cette offre avait une date limite officielle fixée au 29 juillet 2016, soit un an après le lancement. Microsoft l’a ensuite prolongée discrètement pour certaines catégories d’utilisateurs, notamment les personnes en situation de handicap, jusqu’au 31 décembre 2017. Passé cette date, la mise à niveau est théoriquement devenue payante.

Le résultat a dépassé toutes les attentes de Redmond. Environ 1,3 milliard d’appareils utilisent aujourd’hui Windows 10 dans le monde, un chiffre qui en fait l’un des systèmes d’exploitation les plus répandus de l’histoire informatique. Cette adoption massive a aussi créé un problème : des centaines de millions de machines vont se retrouver sans support de sécurité dès la fin 2025.

Pourquoi Microsoft a-t-il accepté de perdre des revenus à court terme ? La réponse tient en deux mots : parts de marché. Windows 8 avait été un échec commercial et d’image. La gratuité de Windows 10 était avant tout une opération de reconquête des utilisateurs partis vers macOS ou restés sur Windows 7. La stratégie a fonctionné au-delà des espérances, mais elle a aussi habitué les utilisateurs à l’idée d’obtenir Windows sans débourser un centime.

Ce que la fin du support change concrètement pour les utilisateurs

Le 14 octobre 2025 est une date à marquer. Ce jour-là, Microsoft cessera de publier des mises à jour de sécurité pour Windows 10. Le système continuera de fonctionner, mais sans les correctifs mensuels qui colmatent les failles exploitées par les cybercriminels. Les organisations de cybersécurité s’accordent sur un point : un OS sans correctifs de sécurité devient une cible de plus en plus vulnérable avec le temps.

Concrètement, les risques s’accumulent progressivement. Les nouvelles vulnérabilités découvertes après octobre 2025 ne seront plus corrigées. Les logiciels tiers commenceront à abandonner la compatibilité avec Windows 10. Les navigateurs web, qui assurent une grande partie de la sécurité en ligne, cesseront eux aussi de prendre en charge le système à terme.

Pour les particuliers qui utilisent leur PC principalement pour la bureautique et la navigation, le risque reste gérable à court terme. Pour les entreprises et les professionnels traitant des données sensibles, continuer sur Windows 10 après la fin du support devient une prise de risque difficile à justifier. Les assurances cyber et les certifications de conformité incluent souvent l’obligation de maintenir un OS sous support actif.

Un autre aspect moins discuté concerne les performances. Sans mises à jour, Windows 10 ne bénéficiera plus des optimisations logicielles que Microsoft intègre régulièrement. Sur le long terme, le fossé de performance avec Windows 11 ou d’autres systèmes va se creuser, particulièrement sur les machines récentes.

Comment obtenir Windows 10 gratuitement aujourd’hui

Malgré la fin officielle de l’offre gratuite en 2017, plusieurs méthodes légitimes permettent encore d’accéder à Windows 10 sans frais. Microsoft n’a jamais réellement fermé toutes les portes, et certaines pratiques restent tolérées ou officiellement supportées.

  • La mise à niveau depuis Windows 7 ou 8.1 : l’outil de mise à niveau de Microsoft continue de fonctionner pour de nombreux utilisateurs disposant d’une licence valide de ces anciens systèmes. La procédure passe par l’outil officiel Media Creation Tool disponible sur le site de Microsoft.
  • L’utilisation d’une clé de produit Windows 7/8.1 : lors de l’installation propre de Windows 10, entrer une ancienne clé valide permet souvent d’activer le système sans achat supplémentaire.
  • Le mode d’évaluation pour les entreprises : Microsoft propose des versions d’évaluation de Windows 10 Enterprise valables 90 jours, renouvelables, destinées aux tests en environnement professionnel.
  • Les licences OEM sur les PC reconditionnés : acheter un PC reconditionné livré avec une licence Windows 10 OEM reste l’option la plus propre pour obtenir le système légalement à moindre coût.

Une précision s’impose sur la première méthode. Microsoft a officiellement déclaré avoir fermé la mise à niveau gratuite en 2017, mais l’outil Media Creation Tool continue d’accepter des mises à niveau sans vérification stricte sur de nombreuses configurations. Cette situation n’est pas documentée officiellement par Microsoft, qui n’a jamais communiqué dessus clairement. Techniquement, utiliser cet outil sans licence valide entre dans une zone grise légale.

La prudence s’impose sur les sites proposant des clés Windows à quelques euros. Ces clés proviennent souvent de marchés gris, issues de licences volume détournées ou de lots OEM revendus hors contrat. Elles fonctionnent généralement, mais leur légalité est contestable et Microsoft peut les désactiver à tout moment.

Les vraies alternatives pour après 2025

Rester sur Windows 10 après octobre 2025 n’est pas la seule option. Trois pistes méritent une attention sérieuse selon le profil d’utilisation.

La première, et la plus directe, est la mise à niveau vers Windows 11. Microsoft la propose gratuitement pour tous les PC sous Windows 10 qui satisfont aux exigences matérielles. Le problème : Windows 11 impose un processeur compatible, 4 Go de RAM minimum et surtout la présence d’une puce TPM 2.0. Des millions de PC âgés de plus de 5 ans ne remplissent pas ces critères.

Pour les machines trop anciennes, Linux représente une alternative sérieuse et gratuite. Des distributions comme Ubuntu, Linux Mint ou Zorin OS sont spécialement conçues pour faciliter la transition depuis Windows. Elles offrent une interface familière, une sécurité active et des performances souvent supérieures sur le matériel vieillissant. La courbe d’apprentissage existe, mais elle est moins abrupte qu’elle ne l’était il y a dix ans.

Microsoft propose également un programme payant de mises à jour de sécurité étendues (Extended Security Updates, ESU) pour Windows 10, sur le modèle de ce qui a été fait pour Windows 7. Ce programme, initialement réservé aux entreprises, devrait être ouvert aux particuliers. Le coût n’est pas encore officiellement annoncé pour Windows 10, mais les tarifs pratiqués pour Windows 7 donnent une idée : environ 30 dollars par an pour la première année, doublant chaque année suivante.

Le choix entre ces options dépend d’un calcul simple : quel est le coût d’un nouveau PC compatible Windows 11 comparé au coût d’une année supplémentaire sous Windows 10 avec ESU, ou au temps d’apprentissage de Linux ? Pour beaucoup d’utilisateurs dont le matériel date de 2017 ou avant, le remplacement du PC sera finalement la solution la plus économique sur trois ans.

Une chose est certaine : attendre passivement octobre 2025 sans préparer la transition est la pire des stratégies. Les prix des PC neufs et reconditionnés fluctuent, les offres de migration prennent du temps, et migrer dans la précipitation génère des erreurs. Commencer à évaluer les options maintenant, tester Linux sur une clé USB ou vérifier la compatibilité Windows 11 de son matériel via l’outil officiel PC Health Check de Microsoft, c’est se donner le luxe de choisir plutôt que de subir.